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LES

CHAMPIGNONS

(FUNOr, HYMÉNOMYCÈTES)

OLl CROISSENT EN FRANCE DESCRIPTION ET ICONOGRAPHIE

PROPRIÉTÉS UTILES OU VÉNÉNEUSES

C. C. GILLÈT

VÉTÉRINAIRE PRINCIPAL EN RETRAITE MKMBRE CORRESPONDAMT DE LA SOC[ÉTÊ LINNÉENNE DE NORMANDIE

TEXTE AVEC ATLAS de 133 planches coloriées.

PARIS

LIBRAIRIE J. B. BAILLIERE et FILS

19, rue Hautefeuille, près du boulevard Saint-Germain L'auteur, rue de TAdoration, 23, à. Alençon (Orne)

187 8

Tous droits réservés.

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/C/7IL

3250-77 CeBBBiL, Tip. db cbbtb.

ORDRE GÉNÉlîAL DE CLASSEMENT

1.

'2 ,

V.

4.

5.

C.

7.

8.

». 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. ■20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43.

Piatel/a campest7'is. Anianila biilbosa.

ici. cœsarea,

id. virosa

id. niKscaria.

iil , pantiu-rina.

id. inauruia.

id. veheiiosa.

id. lubescens.

id. virescei.s.

id, vogin-da. Lepiota pvocera.

id. racitodes.

id. mnstùiden.

id. chjpe<daria .

id. Morieri. Bi'ebissoiii:

id. Curneifolia. Mtsomotp/.a.

id, leîitiriilaris.

id. holoserica.

id. strohiliforviis.

id. ecliinocepluda

id. granulosa. * Armillaria mucida. .

id . meVea. 1 richoloma flnvubrunneïmi.

id. Giiernisaa.

id. imbricaturn.

id. stdf'uren'/n.

id. lilacimnn, calatiiiit.

id. (janibosuyn.

id. scevuni.

id. schuD'Ctckeri Clitocgbe giotropus.

id, inlinvi ibuliforrids.

id. cyatJvformis.

id. nebularis.

id. odofd.

id. insignis.

id. angustiasima, papillatu

id, ] elletieri.

id. laccata. Hggrop/ionis chrgsodon.

id. figpothrjus.

44. Hygrophorus pratensis. -

45. id. amceniis. 40. id. psittacitius.

47. Lopista Alexcmdvi.

48. Lactarius uvidus,

49. id. debiciosus.

50. id. chrysorlieus.

51. id. torniinosus.

52 . id, pyrogalus. 63. Russiila nigiicanx.

54. id. vire^cois.

55. id. fœtens.

60. id. punctatai.' 57. id. uurata.

f)8. Mycend bœmatopus,- Cruenta 69. id. Iris ; peliontliinu . CO. id. capillaris; setosa ; jimcicola; stipuUiri.s.

61. Omphatia chrysophylla; oflri-

cata

62. id. cycmopftylla ; umbra-

tilis ; fibula. 03. CoUybia fusipes. C4. ici. bidyracea. 05. id. fœtidissima. C6. Pleurotus applicatiis ; unyiii- cularis ; strratulus. 67. id . glandulosus. 6S . Cfiutharellus aurantiacus.

69. id. ribarius.

70. Nyctali.s parasitica. 1 1 . Marasmius oreades.

72. Sdiizopliyllum commune;

73. Lf'iizites flavida.

74. Lentinns tigmnis.

75. Panns stypticus.

7 6. Volvdvia lovcicma.

77. id. speciosa.

78. Annularia Fcnzlii. ".9. Pluteus chryjiophœus.

80. Entoloma Uvidus.

81. Clitopilus prunu'us.

82. Lfptoiiia kervpvnii.

.s:?. Xolaneiis picea.

84. Claudopus variaàilti ; fjyssi

sedus .

85. Locellina Alcxcmdri.

86. Pholiota phragmatoplujUa.

87 . id. radicosn.

88. id. spectahilis.

89. Cortinariiis elatioi: ^

90. îV/. violaceus. l

91. irf. sullanatua.

92. fof. semisayiguineus,

93. zrf. torvus.

94. irf. armillatus. 96. zV/. annenicf.us.

96, hionijbe pijriodovus.

97. Hebeluma elatus.

U8. Flammula cnrhonavia.

99. Naucoria sobria; ^limbatn.

100. Galcrn piibescois.

101 . Pratclla pratensis.

102. tV/. l'ubella.

103. Hypltolonin Gilletii.

104. Stro/ihoria s'ruginoso . 103. Psilocybe semilanceuldta.

106. Bolbiiius titubaiis.

107. Copi-inus picaceus. 108 Psnthyrclla gt^acUis. 109. Panœolus retirugis.

I 110. Gomp/ddiiis glutinosm. 111. Boletus strobilnccus. H>. id. versipellis. 113. /f/. luririus. IM. frf. edulis. 115. FistuUjia hepaticu. lie. Polyporus lucidus. 117. Fomes igniariiis. JIS. Merisni't umbellatus.

119. Trametes gibbosa.

120. Drdalea quercimi.

121. Hydnum. repandum.

122. Craterellus cormicojiididr^.

123. Auriciilaria mesentcricn.

124. Thelephora laciniatn.

125. Stereiim hirsutum.

126. Calocera viscosn ; cornea.

127. Clavaria pistillca'is.

128. <V/. botrytis.

129. Typhulii fiïiformis ; Pistillu-

ria ; niicans.

130. Exidia gIa?idulosn.

131. Tremelln mesenterica ; /«/e?- ce?js.

132. Dacrymyces chrysocormi< ; //i»-

liquescens ; stillaliis.

133. Phallus impudicus.

AVIS

L'auteur des Champignons [fungi), Hyménomycètes qui croissent en France, ayant Tintention de continuer à publier des planches qui paraîtront tous les six mois, par série de 24 à 25) prie les personnes qui désireraient les recevoir de vouloir bien lui faire connaîte leur intention, afin qu'elles n'éprouvent pas de retard dans les envois qui devront leur être faits.

Le prix de la série est de 8 francs payables, après réception, en un mandat sur la poste.

PRÉFACE

Aujourd'hui ([n(3 la botanique semble intéresser loules les classes de la société, et que cotte branche si attrayante de l'histoire naturelle n'est plus , comme autrefois, le domaine seulement de quel- ques personnes, nous croyons, persuadé que son étude est un véritable bienfait pour celui qui s'y applique, en ce qu'elle est pour lui une source constante de bonheur et de plaisirs toujours nou- veaux, nous croyons, disons-nous, remplir un vé- ritable devoir en cherchant à faire, pour la partie cryptogamique, ce que nous avons déjà fait pour les phanérogames de France, c'est-à-dire en don- nant, aux personnes désireuses de se livrer à l'étude de celte immense quantité de végétaux que le Créa- teur a répandus autour de nous avec tant de prohi- sion, un guide propre à en faciliter l'intelligence et surtout à en rendre les abords moins difficiles.

Dans ce but donc, prolilant des travaux de nos prédécesseurs, nous donnerons, dans un ordre dii'hotomiiiue à peu près semblable à celui suivi dans la Nouvelle Flore française à laquelle ce tra- vail fait nalurellemcnt suite, une description aussi

vr

(Irtnillôe que possible des cryptogames (fungij qui croissent sur le sol de In France , et nous nous allaclierons surtout à iiien faire connaître et les espèces qui sont alimentaires et celles qui sont ré- putées vénéneuses, lesquelles, ayant souvent avec les premières les plus grands rapports , donnent si fréquemment naissance à de très-graves accidents.

Pour diminuer le travail des commençants, si toutefois il es! permis de donner le nom de travail à la plus agréable des récréations, nous ajouterons à nos descriplions des dessins ausFi nombreux que nous le pourrons. Ces dessins, appelés à faciliter l'intelligence du texte, aplaniront, nous en sommes certain, bien des difficultés, et écarteront toul ce qui pourrait décourager l'élève (lui voudra s'ins- truire.

De cette manière nous atteindrons probablement le but (|ue nous nous proposons, celui d'attii'ci l'a Iten lion sur les merveilles que, dans nos prome- nades, nous rencontrons à chaque pas, d'augmen- ter le nombre des personnes ti'ouvant du cbarn)e à (les recherches à la fois instructives et amusantes, et de donner le goût d'une élude qui serait bien certainement profitable à l'économie domestique si elle était moins négligée. Kniin, nous nous consi- dérerons comme très-heureux et comme généreu- sement récompensé, si, procurant à la nature (luelqucs admirateurs de plus, nous parvenons h

VII

leni" fnire connaître les félicités qu'on peut retirer de l'étude de la botanique, et si surtout nous avons pu contribuer à diminuer le nombre des accidents auxquels succombent, tous les ans, tant de familles imprudentes.

LES HYMEIOMYGETES

ou

DESCRIPTION DE TOUS LES CHAMPIGNONS

QUI CROISSENT EN FRANCE

INTRODUCTION

Les cJiiinipignons forment la classe la plus vaste du règne végétal. Ils se montrent partout. Parasites par excellence, ils vivent sous la terre ou croissent à l'air libre. Ceux qui se montrent à la surface du sol sont les plus nombreux et se développent le plus ordinairement sur des corps organisés dont ils activent la décompo- sition. Dépourvus de feuilles, de fleurs, etc., ils sont uni(iuement formés de cellules, et font par consé({uent partie des cryjitogames cellulaires.

Tiiiil qu'on n'a connu qu'un très-petit nombi'e de cbainpignons,on les a classés dans une même fainiilc : niiiis (|ii;iiid les espèces décrites ont été ti'ès-iioni- breuses, et (|u'on a [)u les compter [tar milliers, on a proposé plusieurs classifications jtoui' en faciliter l'étude. (]eile (jui, jusiju'à présent, a paru la plus natu- relle est, sans contredit, la classilicalion du docteur

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Fries. Généralement adoptée, nous la suivrons, nous aussi, du moins en partie, et avec le savant botaniste suédois, ; ous diviserons les champignons en six grands groupes.

PLes Hymènomycètes , comprenant les champi- gnons proprement dits. Chez eux, la membrane sporu- lifère (hyménium.) , formée de basides ou utricules portant une ou plusieurs spores, est étalée à la surface extérieure du végétal.

Les DiscoMYCÈTES, dont la membrane hyméniale, formée de thèques, est portée par un réceptacle plan ou creusé en coupe.

Les Pyrénomycètes, dont les spores sont renfer- mées dans des thèques tapissant l'intérieur d'un con- ceptacle d'abord clos, puis s'ouvrant à son sommet.

4" Les Gastékomycètes, formés de filaments simples ou rameux, les uns sporuliféres, les autres stéi'iles, tous renfermés dans un conceptacle fibreux d'abord clos, mais d'où les spores sortent à la fin sous forme de poussière.

.')" Les IIyphomycètes, dont le réceptacle est coniposi' de lllameiits libres, portant des spores nues ou renfei- inées dans des thèques.

G" Enfin les Gymnomycètes, dont les spores (h3pour- vues d'une enveloppe commune leur appartenant, sont environnées d'iin faux péridium, formé par l'épiderme ou l'épaississemenl du pai'enchyme de la plante sur la(|uelle ils se sont développes.

Ordre 1' .— HYMÉNOMYCÈTES.

(i>£vwv, petite membrane ; mxnç, excroissance fongueuse)

Membrane hyméniale placée extérieurement: spores portées sur des petites cellules allongées ou globuleuses qu'on appelle basides.

Les HvMÉNOMYCÈTES sont des plantes essentiellement cellulaires, c'est-à-dire composées de petites vésicules microscopiques globuleuses placées les unes à côté des autres et se déprimant iiuitiielItniicMt en se dévelop- pant. Ces cellules élémentaires (pi. I f. \ .) s'accroissent dans tous les sens, sont douées d'une inconcevable force.de reproduction et forment, en se réunissant, des masses épaisses, homogènes, dépourvues de vaisseaux, et d'une consistance molle, particulière, désignée sous le nom de jonijueuse.

On est peu initié à la physiologie des champignons. N'ayant ni feuilles, ni lleui's, privés d'étamines, de i)istil et par consé{iuent d'organes sexuels, on ne sait comment s'opèrent chez eux les phénomènes de la, fécondation. Le mode intime de leur reproduction est inconnu. Quel est l'organe mâle ? e\iste-t-il ? les spoi-es onl-elles besoin d'être fécondées? si hi fécondation a lieu, d'où vienl ce iluide fécondateui- ou le pollen? ces (|uestions sont et resteront probablement long(emi)s encore sans solution.

Le développemeîit de ces végétauv et cei'Iaines de leurs fonctions ont cependant déjà donné lieu à quel- (|ues observations : c'est ainsi (ju'on a pu reinar(|uer qu'ils dillerent des régétaux à expansions foliacés, en ce qu'ils ne décomposent pas le gaz acide carboni(iue ;

qu'ils ont besoin de peu de lumière pour vivre; qu'ils ne sont presque jamais colorés, en vert; que placés sous l'eau, ils exhalent de l'hydrogène et de l'azote au lieu d'ovigène; que leur développement est en général Irès-rapide et que leur existence est éphémère; mais (juand on veut remonter à leur premier développement et à ses causes, tout est obscur, tout devient problé- maticiue.

Bien que très-simples dans leur structure, ces plantes (jui toutes tiennent un rang très-humble dans l'échelle des êtres organisés, présentent néanmoins, pour la plupart, des organes plus ou moins compliqués; c'est ainsi qu'elles oftVenl, dans leur ensemble, comme tous les champignons, deux parties principales qu'il importe de bien distinguer, l'une apparente et connue généra- lement sous le nom de champignon est l'appareil de reproduction l'aulre toujours plus ou moins cachée et désignée sous celui de mycélium ou blanc de champi- gnon est V appareil de la végélalion.

Appareil DE la végétation. Le blanc de champignon doul la composition est on ne peut plus simple, cons- titue cet appareil et affecte des apparences diverses. Il est oi'dinairement blanc; on le trouve cependant (|uelquefois jaune et même rouge. S'étendant, rampant à In surface du sol, pénétrant sous ce dernier à des profondeurs plus ou moins grandes, se développant dans le fumier, entre les débris des feuilles ou des branches moi-tes, toujours à rnbii de la lumière, il se (■uni pose laiilôt de hlamenteux celluleux très-déliés, plus ou nioijLs lâcliement entrelacés, tlivisés, anasto- mosés dans tous les sens et souvent d'une étendue consltlérable, c'est le mycélium nématoide; tantôt de

13

lilainents irunis en faisceaux plus ou moins épais et l'ami liés, c'est le mycélium fibreux; lanlOl de /iiamenls enlrecroisés, serrés, comme feuti'és, et disposés de manière à former une memjjrane, c'est alors le myc^^- //'î<»i /iywc«oï(/e; quelquefois les filaments qui le cons- tituent sont tellement petits et rapprochés que le coj-ps (|iii l'ésulte de leur réunion est très-compacte et forme ces productions solides, irrégulières, auxquelles on a donné le nom i\Qsclérotium, c'est le mycélium scléroïde ou tuberculeux ; d'autres fois enfin on le voit mou, charnu, pulpeux, il constitue, dans ce cas, le mycélium malaco'ide qui, étant propre aux physarées et aux tri- ch lacées, ne doit pas nous occuper ici.

Le mycélium nématoïde est le plus fréquent. Il varie heaucôuj) : parfois ténu et comme pulvérulent, il est le plus ordinairement formé de filaments simples, rayonnants ou hien encore de fihres ramifiées dans tous les sens, anastomosées fréquemment entr'elles, mais restant toujours isolées, c'est-à-dire ne se réunissant jamais pour former soit des faisceaux, soit des mem- branes; il est ([uelquefois difficile à apercevoir, cela tient soit à sa délicatesse, soit à ce qu'il se trouve con- fondu avec les tissus organiques au milieu desquels il se développe. C'est ce mycélium (|ui forme la souche de la plus grande partie des agarlclnées (pi. 1, f. 2, a.)

Le mycélium fibreux est formé de filaments réunis en faisceaux ou cordons plus ou moins ramifiés; sem- l)lahle aux racines des phanérogames, on le rencontre aussi assez fréquemment dans les agarlclnées.

Le mycélium hyménoïde ne se développe guère (|ue entre les feuilles mortes, sous les écorces et dans l'épaisseur des ai-fires malades on moi-ts. Sa végétation

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est quelquefois d'une activité incroyable. Il ne produit d'ori^anes fructifères que lorsqu'il se trouve en commu- iiiralion avec l'air et riiumidilé.

i.e mycélium sdéroïde est aussi assez commun chez les agarics. Il est plus ou moins volumineux. Pendant longtemps les tubercules qu'il forme, tubei-cules dont la strucfui-e est toujours dense et homogène, ont été pris i)Our des champignons complets; plus tard l'ab- sence constante des spores a prouvé que cette opinion était fausse. Quelques-unes de ces productions sont considérées comme alimentaires, d'autres ne se font remarquer que par les dégâts qu'elles occasionnent à certaines de nos cultures; ex : le rhizoclonia qni attaque le safran cultivé et l'ergot de seigle dont on se sert fi'équemment en médecine.

C'est par la germination des spores que se produit le mycélium, lequel a pour but d'absorber, dans le milieu il se trouve, les sucs nécessaires à la nourriture et à l'accroissement du végétal. Il est aux hyménomycètes ce que sont les racines et les tiges aux phanérogames, et ce que nous appelons vulgairement champignon n'en est (lue la Heur ou l'organe de reproduction.

Pour se convaincre de cette vérité, il suflit d'exami- ner avec soin le mycélium, par ex. : du champignon de couche, si commun et partant si facile à étudier. On reconnaît bientôt en effet, si cet organe de végétation est placé dans des conditions fav orables à son dévelop- pement, que sur les filaments (jui le composent, ne lardent pas à apparaître de petits rendements quel- (juefois isolés, mais le plus souvent réunis par groupes ; (|ue ces petites nodosités, v-éri tables boutons, giossis- .^ent, se développent avec rapidité et oifrent enlin des

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phénomènes ifiii vaiiont selon leur âge. Dans Ions les (•;is, CCS liil)er(iiles ne (ardent pas à se œuviir siii- une (le leurs laces, des oi'ganes l'eproducteuis on de pelils lilanieuls portant à leur extrémité une ou i)lusieurs spores.

Le mycélium est donc la souche, le Ironc, l'oi'gane essentiel de la plante. Il constitue l'état prinritif dn champignon, le végétal lui-même. Il a, en un mol, une existence propre. Il se forme et s'accroît avec une rapi- dité extraordinaire. Il est annuel et meurt immédia- tement après avoir fructifié, ou bien il est vivace et ce n'est qu'à certaines époques que, lleuiissant, il produit ce que le vulgaire appelle le champignon. Cette époque passée, le mycélium se comporte comme toutes les plantes phanérogames, il rentre dans le repos et attend une nouvelle saison favorable pour donner naissance à de nouvelles lleuis, à de nouveaux champignons.

Appareil DE la reproduction. Ordinairement aérien, l'apppareil reproducteur n'est autre, nous le répétons, que ce q'on appelle communément le champignon. On lui reconnaît deux parties bien distinctes : le réceptacle et les organes essenliels de la reproduction.

Le premier supporte les spores et leui's annexes. Il a des formes (|ui varient beaucoup. Tantôt en elïet, il a l'apparence d'un arbuste, d'une massue, d'une coupe, d'un entonnoir, (run parasol, etc. etc., tantôt il est globuleux, ovale, en forme de coussin, etc. etc. Sa con- .sistance est aussi plus ou moins grande et ses couleurs sont on ne peut plus variables.

Dans les espèces dont la struc(ui-e est la plus com- plexe, le réceptacle se compose :

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1" D'une volve ou bourse (pi. 2, f. 1, à.), membrane plus ou moins épaisse enveloppant, dans le jeune âge, la tolalilé de l'appareil reproducteur, c'est-à-dire le pied et le chapeau. Sous l'influence de la végétation progressante, cette membrane ne tarde pas à se diviser en deux pai'ties, l'une inférieure restant à la base du pédicule qu'elle enveloppe et à laquelle on conserve le nom de volve, vulva, et l'autre supérieure, qui se remarque à la surface du chapeau sous forme de pla- ques membraneuses plus ou moins étendues ou de verrues plus ou moins nombreuses pouvant fournir des caractères précieux pour la distinction des genres et des espèces. (On appelle volve complète, celle qui ne laisse sur le chapeau aucune trace de son existence et volve incomplète, celle, au contraire, qui a abandonné à la surface du chapeau quelques-uns de ses débris.)

Du pied (tige, stipe, pédicule, pilier; pi. 2 f. 1 . b,) partie destinée à supporter le chapeau. Quelquefois nul ou à peine distinct, le pied existe dans le plus grand nombre des cas et varie sous le rapport de sa forme et de son volume. Généralement cylindrique, on le voit aussi renflé ou bulbeux à sa partie inférieure, atténué à sa partie supérieure, plein ou creux; parfois poilu, tomenteux, squameux, etc., mais le plus sou- vent lisse; tantôt pourvu d'un collier ou d'une cortine, tantôt nu; ordinairement charnu, mais aussi flbreux, cartilagineux ou coriace. Enfin il se montre central, excentrique ou latéral, selon qu'il s'insère au centre du chapeau, entre ce centre et la marge ou bien entière- ment sur cette dernière.

3" Le collier (anneau, collerette, collet, voile, cor- lino; pi. 1, f. I (•), moins gi-and (jue la volve, s'étend

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(tu boid tlii cliapoau la partie supéi'ieure du pédicule, et recouvre toute la l'ace liyinéniale de beaucoup d'aga- rics et de quehjues bolets. Comme la volve, le voile se décbire lors de l'expansion du cliapeau, et ses débris restent adliérents, soit au bord de ce dernier, sous forme de llocons ou de filaments (cortine), soit au pied au baut du(}uel il forme une espèce de bourrelet annu- laire appelé collier.

Un grand nombre de cbampignons manquent non seulement de collier, mais encore de cortine et de volve : la présence ou l'absence de ces organes fournit au Mycologiste d'excellents moyens de distinction dans l'étude des cbampignons.

Du cbapeau (cbapiteau, réceptacle, byménopliore ; pi. 2, f. 1, d.) Cette expansion de la partie Supérieure du pédicule varie à l'inlini. On la trouve conique, con- vexe, plane ou concave; glabre, velue, tomenteuse, pulvérulente ou écailleuse; lisse, striée ou rayée; sècbe bumide ou visqueuse; mince ou épaisse; cbarnue, géla- tineuse, subéreuse ou ligneuse; régulière ou irrégu- liére. Quelquefois le cbapeau semble comme coupé par lemilieu ; danscederniercas, souventil naît directement du mycélium et est dit dimidié {\i\. 2, f. 2) : quelque- fois encore cet organe présente des saillies et des dépressions circulaires, lesquelles se formant successi- vement cbaque année, peuvent indiquer, dans les polypores, par ex : l'âge approximatif de ces plantes.

Le cbapeau, quelle que soit sa configuration, est le plus ordinairement tapissé supérieurement par un épidémie diversement coloré ; s'enlevant, dans quelques espèces, avec la plus grande facilité, il fait, dans d'au-

i

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1res, pour ainsi dire corps avec la partie clianme qu'il recouvre.

Toutes les parties du chapeau qui ne sont pas recou- vertes par l'épiderme (et dans les hymènomycètes c'est presque toujours la partie inférieure), le sont ordinai- rement par la menil)rane fructifère (hyménium). Cette membrane suppoi'te en effet les organes essentiels de la l'oproduction, c'est-à-dire les spores. Elle aiïecte dos foi'mes très-variables, mais assez constantes dans cer- tains groupes, pour avoir pu servir de base à la classi- fication des espèces que nous nous proposons d'étudier ici. C'est ainsi que dans les agaricinées cette membrane forme toujours en se repliant des lames ou feuillets (|ui rayonnent du centre à la circonférence (libres, adhérents ou décurrents ; droits, arqués ou plus ou moins échancrés à la base, entiers ou denticulés, ces feuillets servent beaucoup aux botanistes dans la dis- tinction de certains groupes et de certaines espèces) ; que dans les bolétacées, elle tapisse constamment l'in- térieur de tubes ou de pores plus ou moins profonds ; que dans les hydnées, elle recouvre des pointes ou aiguil- lons; que dans les clavariées elle s'étend lisse et unie sur toute la superficie de la plante, etc., etc.

La membrane séminifère ou sporulifère olïre des couleurs qui varient non-seulement selon les espèces, mais encore selon l'âge de ces espèces, car générale- ment l'hyménium prend des teintes d'autant plus foncées que les spores se raitprochent davantage de la m n tu ri té.

Les spores (sporules, séminules), consistent en des corpuscules d'une ténuité telle qu'ils sont absolument invisibles sans le secours du microscope. Elles servent

li)

à la i-epimluclioii du cliuiiipignon, comme les graines servent à celle des plantes phanérogames.

La fécondité des champignons est vraiment extra- ordinaire. Dans hi [dupart de ces végétaux, en etret, le nomhre des corps reproducteurs contenus sur un seul individu est tel qu'il serait impossihle à l'intelligence la mieux partagée d'en pouvoir supputer le dénomhre- ment. Ce serait par millions de milliards qu'il faudrait compter les graines de certaines plantes.

Les spores sont rondes, ovales, allongées ou fusi- foi-mes, lisses, tuberculeuses ou irrégulières (pi. 2, f. 3, 4, 5, 6, 7, 8). Leur couleur varie : elles sont blanches, rosées, jaunes, ochracées, ferrugineuses, noires, ou pourpre-noires; on les voit simples ou composées, transparentes ou nébuleuses, etc., etc. (*).

Les spores; avant leur chute, sont supportés par des petits lilaments situés ordinairement au nombre de quatre, à l'extrémité de cellules terminées en cul de sac, arrondies ou ovoïdes, plus ou moins allongées, rarement d'un volume égal de la base au sommet et auxquelles on a donné le nom de hasides ou basidies. (pi. 2, f. 9, a, a). Ces filaments portent le nom de sté- rigmates, sporophores ou spicules (pi. 2, f. 9, bb). Ce sont des espèces de petits tubes creux qui, droits ou courbés, varient de longueur et de largeur et commu-

n 11 sufflt,pour reconnaître la couleur des spores d'un cham- pignon, de poser ce dernier sur une feuille de papier noir ou blanc, de manière à ce que la surface hyméniale se trouve infé- rieure. Dans celte position, les spores ne tardent pas à tomber en plus ou moins grande quantité sur le papier, sous furme d'une matière pulvérulente, avec la couleur qui leur est propre.

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niquent d'une part avec les basides et de l'autre avec les spores qui naissent à leur sommet. C'est après avoir traversé ces filaments que le liquide ou plasma granu- leux contenu dans les jeunes basides se dirige vers l'extrémité des stérigmates pour concourir à la forma- lion de la spore.

Au milieu des basides et naissant à peu près au même niveau qu'eux, on remarque encore de petites cellules ou vésicules transparentes, généralement sail- lantes, lesquelles variant beaucoup dans leurs formes et leurs dimensions, sont tantôt arrondies, coniques, ovales ou allongées, aiguës ou obtuses, tantôt portent à leur extrémité une petite splière ou quelques divi- sions plus ou moins prononcées; ces vésicules sont les cystides (pi. 2, f. 9,c). Certains naturalistes prétendent que ces cellules sont des organes mâles, d'où le nom iV authéridies ou polllnaires qu'elles ont reçu. Sont-ils dans le vrai ? se ti'ompent-ils? On l'ignore. Ce qu'il y a de certain, c'est que les fonctions de ces petites vési- cules sont encore inconnues et qu'elles sont plutôt considérées comme de simples basides hypertrophiés revenus au rôle des organes de végétation que comme des organes remplaçant, dans les champignons, les anthères des phanérogames.

Les hijménomycèles croissent, pour ainsi dire, dans toutes les localités. On les trouve, à toutes les alti- tudes, sur la terre, sur les arbres, sur le fumier, par- tout enfin des corps organisés, morts ou malades, tendant à se décomposer, sont exposés à un certain degré d'humidité et de chaleur. Rarement on en ren- contre dans les endroits secs et froids. Une températui"e moyenne et des pluies fréquentes donnent naissance à

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(r<iIioii(lantPs espèces; aussi, bien qu'on en trouve à toutes les époques de l'année, l'automne est-11 de toutes les saisons la plus pi'opice à leur production.

Pai-ini ces champignons, il en est cependani (|iii semblent être particuliers à certains sols, à certaines localités, à certaines essences, etc. C'est ainsi (ju(; heaii-i coup de ces végétaux ne se rencontrent que dans les grands bois et que, parmi eux, il en est qui atïectionnent les bois de conifères, ne se trouvent que sous les chê- nes, les hêtres, etc., tandis que d'autres ne se rencon- trent qu'au milieu des landes, des bruyères, des pelouses, dans les lieux découverts enfin ; que bien des h>ménomycètes ne poussent que sur la terre, tantlis (|u'un grand nombre se fixent seulement sur le tronc des arbi-es moi'ts ou languissants.

L'apparition de ces végétaux n'est pas toujours régu- lière et est souvent ditlicile à expliquer. Nous avons vu en effet des bolets, des agarics croître en quantités innombrables dans certaines localités, disparaître pen- dant dix ou quinze années consécutives et, ce temps passé, végéter de nouveau et en aussi grande abon- dance.

Bien des fois cependant pendant ce long intervalle, les conditions atmosphéri(jues nous avaient paru favo- rables. Comment donc expliquer ces interruptions ? La spore aurait-elle besoin d'un temps aussi long pour entrer en germination et se développer, ou bien igno- rerions-nous les conditions, les circonstances particu- lières (jiii influent sur l'évolution des champignons ? Toujours est-il que les faits dont nous venons de parler se renouvellent fré(|uemment et que, jusqu'à présent, nous ne pouvons leur donner une explication.

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I! n'est pas plus facile d'explitiuer les lignes, les sinuosités, les cercles (vulgairement ronrf.s de fées), etc. que décrivent quelques espèces vivant en société.

Tous les champignons n'ont pas la même consistance ; quelques-uns, comme les trémellinées, dont certaines espèces, après une nuit plus ou moins humide, cou- vrent subitement la terre, sont tellement mous et flasques qu'ils se laissent écraser sous la moindre pres- sion; d'autres au contraire plus ou moins durs et coriaces ont une consistance qui ressemble à celle du liège ou du bois.

On peut en dire autant de la foi-me et du volume de ces végétaux, forme et volume qui varient à l'in- fini.

Ils se font encore remarquer pai- la beauté, l'élégance de leur port et aussi par les couleurs si dilférentes et souvent si éclatantes qu'ils alïectenl.

Leur saveur est aussi des plus vai'iable. Beaucoup en effet sont insipides, tandis que d'autres sont remar- quables par leur amertume, leur àcreté, leur causti- cité, etc.

Il en est de même de leur odeur. A la vérité, si quelques-uns sont inodores, combien d'autres répan- dent soit une odeur agréable, soit une odeur forte, repoussante et môme fétide.

En général les hyménomycètes se développent plus l'apidement que toutes les autres espèces de végétaux, mais, sous ce rapport, ils olfrent aussi de grandes dilîé- rences. S'il en est en effet qui s'accroissent avec len- teur, la plupart se font remarquer par une évolution tellement rapide qu'on pouri'ait presque dire d'eux

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(|ti'ils poiissiMil ;'i vue d'diil, d'où lo diclou popiiliiiic pousser comme un champignon.

Lii diiive de la vie des champignons n'esl p;is non plus la HK'int' dans toutes les espèces. Plusieurs se llr- Irissent quelques heui'es api'ès leui- appai'ition, hindis (jue d'autres peuAent durer plusieurs années. Dans le plus i^i'and nouihre, la durée moyenne de la vie est de (|i!ei(|ues jours.

Les hymènomycètcs sont très-riches en azote (la pro- portion de sul)stance azotée est de 52/000 tlans le cham- pignon de couche), aussi ceux qui ne sont pas vénéneux sont-ils fortement alibiles. Au point de vue de la richesse nutritive, les champignons constitueraient donc des aliments très-recommandables si à côté de ces espèces comestihles il ne s'en trouvait de véné- neuses, présentant avec les piemières des analogies telles que l'erreur est on ne peut plus facile. L'homme cependant fait une grande consommation de champi- gnons, principalement dans les contrées septentrio- nales où, à cei'taines époques de l'année, ils ollVent aux habitants une ressource non moins abondante que précieuse.

Les champignonssont recherchés par tous les animaux, mais plutôt par les carnivoi'es et les omnivores que par les herbivores, ce qui tient sans doute à leur i-ichesse en azote qui les fait se rappi-ocher des matières ani- males. Cependant le cheval, la vache, la brebis man- gent avec avidité l'agai-ic palomet, celui de couch(\ le bolet comestil)le, etc., etc.

Pour mettre à l'abri des accidents dont ils sont trop souvent la cause, on s'est demandé : 1"s'il ne serait pas possible de distinguer les bonnes espèces de celles

u

nuisibles; 2" s'il n'existerait pas des moyens de rendre inolîensifs les champignons les plus vénéneux.

Relativement à la première de ces questions, on n'a malheureusement (ju'une réponse à peu près négative à faire. Tous les principes qu'on a essayé d'établir jus- qu'à présent pour distinguer les bons champignons des mauvais sont, selon nous, trop peu certains pour qu'il soit toujours permis de les appli({uer sans crainte. Cependant comme il est possible d'en tirei" quelque avantage, nous répéterons ici ce qxie déjà bien des auteurs ont dit à ce sujet, à savoir : que, en général, les espèces comestibles ont une consistance moyenne, que celles qui sont molles et visqueuses de môme (lue celles qui sont coriaces, subéreuses ou ligneuses doi- vent être rejetées; qu'il faut toujours se mèlier de ceux dont la chair change de couleur quand on la ( oupe ; qu'une odeur agréable ou nulle et une saveui- peu mai'quée peuvent indiquer une bonne espèce, tandis qu'une odeur nauséabonde, ^ireuse, fétide, une saveur ])riilante, poivrée, amère, acerbe, astringante ou stip- tique, doivent toujours inspirer des craintes, bien (|ue la fistuline hépatique, le bolet scabre (]ui sont acides, la chanterelle qui a une saveur piquante, l'agaric acre dont le nom indique le caractère, soient comestibles.

On a dit encore que les champignons alimentaires poussaient ordinairement au grand air, dans les lieux découverts, sur des pelouses et sur des plantes vivantes ; (jiril fallail lejeter comme dangereux ceux ti'ouvés sur des corps en putréfaction; (jiie les mauvaises espèces venaient le plus souvent dans les bois toulïus, dans les forêts ombreuses, etc., etc; que, sous les arbres verts, ne croissaient que de bons champignons, etc. L'agaric

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de couche est cependant cultivé sur le fumier; nous avons fréquemment mangé des espèces trouvées dans l'intérienr des bois sans en éprouver le moindre incon- vénient et fréquemment nous avons renconti-é dans les sapinières l'amanite bulbeuse, ramanile mappa, dont on connaît les propriétés toxiques môme à petites doses.

De tout ce qui précède, on peut donc conclure qu'il n'existe aucun indice certain de la bonne ou mauvaise qualité des champignons, aucuns caractères généraux praliques qui les fassent distinguer et que vouloir tenir compte de toutes les recommandations qui ont été faites à cet égard serait vouloir s'exposer à com- mettre de fatales erreurs.

On peut cependant établir d'une manière absolue que, dans leur jeunesse, les champignons sont généra- lement moins dangereux que dans un âge plus avancé; qu'il ne faut jamais faire usage des champignons qui n'ont pas toute leur fermeté, qui commencent à se décomposer, puisque les meilleurs mêmes deviennent souvent mauvais en vieillissant.

Enfin nous dirons que le meilleur moyen d'éviter les graves accidents qui, chaque année, se renouvellent et qui devraient cependant rappeler le consommateur à la pi'udence, est d'abord de rejeter tous. ceux que l'on ne connaît pus parfaitement, puis de chercher, par une étude spéciale des espèces, à appi-endie à bien connaître les caractères qui leur sont propres, cetle connaissance étant, selon nous, indispensable à celui qui veut manger des champignons avec la sécurité la plus entière.

Quant ci la seconde question, elle est à peu piùs

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résolue. Profitant de ce (jii'il avait été démontré que les champignons dangereux doivent leurs propriétés toxiques à la présence de principes particuliers (ama- nitinè, fongine, bulbosine), facilement solubles dans l'eau vinaigrée ou salée, M. Gérard a proposé comme moyen certain de faire sortir ces principes du tissu de ces végétaux et de rendre par conséquent inoffensives toutes les espèces vénéneuses, de pelucher et de couper en moi'ceaux de la grosseur d'une noisette environ, les champignons mauvais et de les faire macérer pendant deux heures dans une eau salée ou vinaigrée, puis de les lavei-, de les faire bauillir dans une nouvelle eau pendant un quart d'heure ou une demi heure, de les laver de nouveau, de les essuyer et enfin de les apprê- ter comme s'ils étaient comestibles.

Ce procédé, donné comme infaillible par M. Gérard, l'esterait cependant impuissant, d'api'és M. Boudier, en ce qui concerne Vamanite bulbeuse. Dans tous les cas, il laisse, après son action, un champignon sans arôme, sans saveur et qui ne possède plus les (janlilés (jui le font rechercher des vrais amateurs.

L'action produite par les cliampignons vénéneux est variable. En général les accidents ne se font sentir que quatre à cinq heures et plus, après l'ingestion du poison. Ils consistent en nausées, en spasmes, en é\a- cuation par le haut et par le bas, évacuations auxquelles succèdent des défaillances, des anxiétés, la stupeur et souvent la mort.

Les vomitifs, les purgatifs, puis les inliisions de liié ou de café, l'eau tiède, le tabac, le chatouillement de la luette, les lavements irritants* etc., sont les moyens qu'il faut d'abord employer pour combattre les effets

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de:^ mauvais champig-nnns. On aura recours ensuite à (|iiel(iues calmants, à (iuelques potions ctliérées, par ex. et à des révulsifs si les douleurs persistent et se portent à la tête. On doit surtout s'abstenir de donner à l'intérieur des li(iui(les qui, comme l'eau vinaigrée ou salée, rendent solubles les principes toxiques. Dans tous les cas on devra se hâter de faire prévenir un médecin seul compétent en pareille circonstance.

Parmi les champignons, il en est quelques-uns qui sont ou étaient utilisés en médecine. C'est ainsi que l'agaric du mélèze, polypnrus o/ficinalis, était employé contre les phthysies; que le bolet odorant, bolelus snli- rinvs,:x sei'vi à combattre les maladies de poitrine; que l'ergot de seigle fournit encore à la thérapeutique un précieux médicament. Beaucoup d'autres ont été aussi préconisés, mais ne sont plus employés. Nous sommes persuadés qu'un grand nombre, s'ils étaient mieux connus, pourraient être avantageusement uti- lisés.

Enfin diverses espèces de polypores et en particulier l'amadouvier, polyporus ignarius, sont employées dans les arts. Coupées par tranches que l'on bat et que l'on traite pai' une dissolution de nitrate de potasse, elles forment ce «jui est connu dans le commerce sous le nom d'amadou.

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TABLEAU ANALYTIQUE DES FAMILLES.

Hyménium (membrane fructifère) , infère, c.-cvd. placé horizontalement à la face inférieure du réceptacle ou

1 <' chapeau «.

Hyménium supère, c.-à-d. situé sur la face supérieure du chapeau 3.

Hyménium lamellaire ou plissé en la- melles plus ou moins rayonnantes. Agai-icinées.

Hyménium poreux, poreux-tubuleux

2 {' ou réticulé-poreux I»olyporées.

Hyménium aculéiforme, dentifornie,

tubercnleux ou granuleux Hydnacées.

Hyménium costé, ridé ou lisse Aurîcuiai«îées.

i Hyméninm déliquescent; une volve, ciatiiracées.

3 Hyujénium non-déliquescent; volve.

( nulle . 4.

( Réceptacle caulescent, simple ou ra-

i l meux Clavai-iées.

' Réceptacle membraneux, gélatineux, xrémeiiacées.

Famille I. ÂGARICINÉES, Agaricinem.

Hyménium infère composé de lames ou de feuillets disposés en rayons ou en éventail. Réceptacle nu ou renfermé dans une volve.

Nous basant sur la couleur de la spore, nous divi- serons les plantes de cette famille en quatre séries :

Leucosporées (spores blanches., blanchâtres,

jaunes ou jaunâtres.)

2" RiiODOspoRÉES (spores roses ou de couleur sati-

raon.)

3" OcHROspoKÉEs (spores ochracées, ferrugineuses

ou fuscescentes-ferrugi lieuses)

i" MÉLAISOSPOREES (sporos JjrLines, noires ou d'un

noir-pourpre.)

i

29 a.) Leucosporées.

TABLEAU ANALYTIQUE DES GENRES.

I Espèces puhescentes 2.

( Espèces non-putrescentes 15.

Cliampignons pourvus d'une volve et portant le plus souvent sur le chapeau des écailles ou verrues parfai- tement distinctes de Tépiderme ; chapeau séparé du

2 < pied ; espèces terrestres Amanita.

Cliampignons dépourvus de volve, à chapeau nu ou cou- vert d'écaillés qui ne sont pas distinctes de l'epi-

\ derme 3.

Pied excentrique, latéral ou nul Pleurotus.

Pied central 4.

^ (■ Pied orné d'un collier membraneux 5.

{ Pied dépourvu de collier membraneux 6.

! Feuillets libres ; chapeau distinct du pied Lepiota. Feuillets adhérents ou décurrents; chapeau se continuant avec le pied Armillaria.

gf Espèces à feuilles aigus sur le tranchant 7.

( Espèces k feuillets obtus sur le tranchant 11.

^1 Feuillets laiteux Lactarius.

( Feuillets secs 8.

( Pied cartilagineux, au moins extérieurement 9.

( Pied non cartilagineux 10.

Feuillets décurrejits; chapeau ordinairement déprimé

au centre Omphalia.

Feuillets adhérents; bords du chapeau primitivement

enroulés Collybia.

Feuillets libres ou sinués ; bords du chapeau primitive- ment droits et appliqués contre le pied Mycena.

jQ ( Feuillets sinués à la base Tricholoma.

( Feuillets plus ou moins drcurrents 11.

I Feuillets se séparant de l'hyménopliore Lepista.

^^ ( Non 12.

Feuillets ordinairement égaux ou presque égaux, sou- vent anastomosés ou bifurquées; trame vésiculeuse;

spores verruqueuscs Russlla.

Feuillets toujours inégaux ; spores lisses 13.

13

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f Feuillets épais, aqueux, succulents, distants, souvent ' veineux à la base-, iiyménium se changeant à la fin en i une masse céracée ; trame granuleuse Hygrophorus. \ Espèces ne présentant pas ce caractère Clitocybe.

Feuillets rameux t. Cantharellls.

l'i { Feuillets inégaux, non rameux. Espèces parasites sur fies agaricinées Nyctalis.

Pied central Marasmius.

Pied latéral ou excentrique 16.

Feuillets 'longitudinalement fendus sur la tranche et 10 { creusés en gouttière Schyzophyllum.

Feuillets non fendus sur la tranche 17.

Feuillets anastomosés Lenzites.

Non 18.

Feuillets dentelés sur les bords Lentinus.

Non Panus.

17 18

(

§ Plante» putrescentes.

Gen. I. AMANITA, Amanila.

{xyMMiznç, sorte de cliarapignon ; «y.«vo,-, montagne de Cilicie sur laquelle se tFOuvaient beaucoup de ces végétaux.)

Espèces charnues; feuillets inégaux, non ou à peine adhérents-, collier persistant et tombant, fugace ou nul ; une volve ou enveloppe générale distincte de l'épiderme du chapeau.

Les champignons qui composent ce groupe se dis- tinguent facilement en ce qu'ils sont pourvus, dans le premier âge, d'une enveloppe générale (volve, volva, bourse, etc.), plus ou moins développée (d'où leur nom d'agarics à bourse) et dont il i*este quelques débris tFès-visibles soit à la surface du chapeau, sous forme de verrues ou de pla(jùe.'> parfaitement distinctes de l'épiderme, soit à la base du pédicule, sous celle de

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lambeaux membraneux ou écaillcux. Le chapeau des auianiles est charnu, orhicuhiire, régulier, convexe, leui's feuillets sont nombreux, putrescents, aigus sur l;i Manche; -le pied est central, allongé, souvent atté- nué Slip., pi. ou m. i-enflé à la base, nu ou muni d'un collier; enlin les spores sont blanches et presque Ion- Jours de forme ovale-arrondie.

(]ette division tient la première place parmi les ngaricinées et doit être regardée comme représentant le type le plus complet des hyménomycétes. Elle ren- ferme en elTet les champignons dont l'organisation est portée au plus haut degré. Les espèces qui lui appar- tiennent viennent sur la (erre et croissent pendant toute l'année dans les bois ou les lieux ombragés. Elle contient beaucoup d'invidus vénéneux, et en