NOUVEAU

DICTIONNAIRE

D'HISTOIRE NATURELLE,

APPLIQUÉE AUX ARTS,

A l'Agriculture, à l'Economie rurale et domestique;, à la Me'decine , etc.

PAR UNE SOCIÉTÉ DE NATURALISTES ET D'AGRICULTEURS.

Nouvelle Edition presqu'entièrement refondue et considé- rablement augmentée ;

AVEC DES FIGURES TIREES DES TROIS RÈGNES DE LA NATURE.

TOME V.

DE L'IMPRIMERIE U'ABEL LANOE, RUE DE LA HARPE,

A PARIS,

Chez DETERVILLE , libraire, rue hautefeuille, rv^ 8.

M DCCC XVL

Indication des Pages ou doii>ent être placées les Planches du Tome V, avec la note de ce qu elles représentent.

B 5. Minéralogie Pag. 6

Calcédoine cristallise'e en prismes. Coupe de la même pierre. Calce'doines œillées de Daourie.

B 2. Plantes 14.

Caïmitier pumiforme. Calnba à fruits ronds. Calac à feuilles obtuses. -Calebassier à feuilles longues.

B 6. Reptiles 6o

Acrochorde de Java. Amphisbène enfumé. Anguis

orvet. Anguis lombric. Anguis lamproie Bipède

cannelé. Boa devin. Boa brodé. Caméléon nain.

B 37. Animaux mammifères 81

Lemming à collier. Campagnol économe. Lemming proprement dit. Lemming de la baie d'Hudson, avec une patte de devant et une de derrière.

B 7. Plantes 102

Camelli du Japon. Canang aromatique, —Canari vul- gaire. — Canjalot gorite.

B 8. Plantes ,1^7

Calebassier d'Amérique. Campêche des teinturiers. Canne à sucre. Carambolier cylindrique.

B 9. Plantes 289

Capraire biflore. Câprier épineux. Camara pi- quant. — Caroubier à siliques.

B II. Oiseaux 345

Casoar. Caracara. Cariama,

B i5. Coquilles. . . . ^7^

Calcéole fossile. -Came gryphoïde. -Camérîne lisse. «Cardlte cœur. -Cardite Jeson. -Carina.re v.tree. -Casque tuberculeux. -Cérite ralissoire. -Cyclade cornée. Cyclade caroHnienne. Cranie masque.

NOUVEAU

DICTIONNAIRE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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C_jALAPITE. C'est une espèce de concrétion pierreuse qui se trouve dans rintérieur des Cocos, et qui jouit d'une grande célébrité dans les Moluques, On l'enchâsse et on la porte en amulette, (b.)

CALARDROTE. Nom vulgaire du Mauvis. {v.) CALAROU. Nom caraïbe de la Bégone grimpante, (b.) CALATHI\NA. Daléchamp appelle ainsi les Gentia- nes d'automne et filiforme, (b.)

CALATHIDE. Synonyme de Fleurs composées. Non- seulement les Flosculeuses, les Semi-flosculeuses et les Radiées de Tournefort sont des calalhîJes; mais encore les ScABiEUSEs, le Figuier, IcsDorstènes, etc. Tb.)

C\LATTI. Nom d'un oiseau d'Amboine, dont Brisson a fait un Tangara sous le nom de Tangara bleu d'Ajiboine.

CALAVANCE. C'est, à la Jamaïque, le Haricot à

GRAINES rondes. (B.)

CALAVEZZA. Nom donné au Myrtille, dans les mon- tagnes de la Toscane, (ln.)

CALAVRIA. Nom du Lagopède, dans la vallée du Pô.

(y-)

CALAWEE. Arbre de Sumatra , avec l'écorce duquel on fait de la toile. Il paroit que c'est un Jaquier, (b.)

C/VLAYCAGAY, La Poincillade porte ce nom aux Philippines, (b.)

CALAYIAGAY. Un des noms du Sainfoin du Gange.

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CALÎJOA, C.GÎhoa. Pi.-nîc à tige grimpante, de huit à dis pieds de long; à feuilles alîernes, pétiolées, en cœur, glabres, à cinq lobes aigus et très-profonds; à fleurs grandes, jaunes en dehors et rouges en dedans, disposées en fcorymbes sur des pédoncules communs axillaires.

Cette plante forme, dans lapentandrie monogynie, et dans la famille des liserons , un genre appelé Macrostème par Persoon , et qui présente pour caractères : un calice à cinq divisions aiguës et persistantes; une corolle monopétalc, à tube ventru et à limbe divisé en cinq parues lancéolées ; cinq étanùnes très-longues; un ovaire supérieur, ovale, à style recourbé, plus long que les étamines, et à stigmate glo- buleux; une capsule à quatre loges, à qnalre valves, aux- quelles les cloisons sont parallèles, et contenant quatre se- mences convexes et sillonnées d'un côté.

Le Calbo\ à feuilles de vigise croît dans la Floride, et se rapproche des Azalées, (b.)

CALBOS. Un Cote porte ce nom à Marseille, (b.)

CALCABOTTO. Nom de TEngoulevent, aux environs !de Bologne en Italie, (desm.)

CALCAIRE. En géologie, ce mot peut être employé comme substantif, et, dans ce sens, il y a plusieurs ordres de calcaire : l'on en admet au moins quatre principaux et qui ;?\pparticnneut aux quatre grandes divisions admises par les Allemands dans la classification des roches; mais chacun d'eux, surtout dans les classes inférieures., est susceptible d'être encore partagé : ainsi, par exemple, le calcaire coquillier des Alpes n appartient pas à la même formation que le calcaire coquillier qui recouvre les masses de craie, ou cal- caire à céritcs, quoique ces différens calcaires se trou- vent dans la même division des montagnes à couches, etc.

I." Le calcaire primitif est celui dans lequel il n'existe au- cun vestige de corps organisés, et dont les bancs sont or- dinairement enchâssés, ou, comme on dit, subordonnés à Ceux des roches regardées également comme antérieures à Texistcnce des animaux et des végétaux, telles que le gneiss, le pchisle micacé et le schiste argileux. Son tissu est lamellaire ru grano-laniellaire , et ses couleurs peu variées. Il est plus ordinairement blanchâtre ou grisâtre, ou veiné de verdâtre. Les marbres salins et la chaux carhonatée magnésifère , dite dolomie^ appartiennent à cette formation.

2." Le calcaire de transition^ que quelques-uns nomment aussi calcaire ancien, renferme des débris rares de corps organisés, surtout des madrépores et des coquilles du genre des ammo- nites; ses couleurs sont plus variées et son tissu moins lamel- ieux; quelquefois même il est compacte; ses couches sont,

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assez ordinairement, horizontales, ce qui n'a pas lieu pour le c'ilcairc primilif Mlles sont subordonnées à la grauwacke, et renferment eilcs-niènics du sciiiste siliceux et du fer oxydé lenliculaire. Ses couleurs sont assez variées: un assez grand nombre de marbres^ de brèches et de lumachelles^ sont de cette époque. V. ces mots.

3." Le rulniire compacte^ blanc jaunâfre, ou gris ou noi- râtre, qui forme la masse principale des montagnes calcaires des Alpes et de l'Apennin , du Jura, etc.

4..° La craie ^ qui forme une partie assez considérable du terrain de la France et de 1 Angleterre, et dont les couches se prolongent jusqu'en Russie.

5." Le calcaire coquillier^ proprement dît, qui paroît n'être formé que de débris de coquilles, et dont le sol des envirpns de Paris renferme des couches si considérables.

6." Le tuf calcaire ^ qui n'appartient à aucune époque de for- mation déterminée, mais qui se rencontre dans le voisi- nage de toutes, et qui doit son origine à Térosion de roches calcaires anciennes ou modernes, ou qui est déposé par les eaux thermales.

7." Enfin , le calcaire d'eau douce , dont l'existence nous a été, en quelque sorte, révélée par MM. Cuvier et Brongniart, qui l'ont reconnu dans les environs de Paris, et dont le do- maine a été étendu depuis à plusieurs autres parties de la France et de l'Italie, par M. d Omalius d llalloy.

Considérées minéralogiquement , ces différentes sortes de calcaires offrent des différences assez marquées, et que nous examinerons, soit en traitant de la chaux carbonatée^ soit en parlant des roches calcaires ; en même temps, nous in- diquerons d une manière plus détaillée leurs rapports géo- gnosliqiies avec les autres roches , les minerais qu'elles ren^ ferment, et une partie des lieux qui les fournissent. V. Chaux

CARBONATÉE et RoCHES CALCAIRES. (LUC.)

CALCAMAR. Espèce de Manchot qu'on a rencontré sur les côtes du Brésil, dont la grosseur est celle du Pigeon, (v.)

CALCANTHE, c'est-k-direjlews de cuiire. C'est le nom que les anciens donnoient au sulfate de cui\.v'e , vulgairement a^^iilé viiriol bleu onviiriol de Chypre. Fuyez Cuivre. (pat.)

CALCATREPPOLA, CALCATREPPO, et CAL- CATRIPPA. Noms italiens du Pied d" alouette (^Delphi-- niuTti consolida) ., nommé aussi Speron da cavallieri^ à cause de l'éperon de la corolle; de la Chausse-trape {^Centaurea «"a/aV/Wyoa, Linn. ); et d'une espèce de champignon du genre agaric {Jgaiicus prunuhis , Scop.), sorte de mousseron très- bonne à manger, (ln.)

CALCEDOINE. C'est une pierre de la même nature que

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le silex ou pierre h fusil; mais sa pâte est plus fine , sa couletir plus agréable et sa dureté plus considérable, de même que sa densité.

La pesanteur spécifique de la calcédoine va de 2600 h. 2700 : celle du silex n'est pas tout-à-fait de 2600.

Elle est susceptible du plus beau poli, et l'on en fait diffé- rens bijoux.

La plupart des minéralogistes réunissent la calcédoine 3i\ te les agates, qui n'en sont en effet qu'une variété; mais l'usage paroît avoir consacré spécialement le nom de calcédoine pour celle qui n'est que d'une seule couleur, ou, tout au plus, de deux teintes peu différentes l'une de l'autre ; et l'on donne le nom d'agates à celles qui sont mêlées de diverses couleurs , et dont la pâte est rarement aussi fine , aussi homogène que celle de la calcédoine.

La couleur de celle-ci est le plus ordinairement d'un blanc roussâtre , comme la gelée animale, dont elle a d'ailleurs le coup d'œil; elle est aussi d'une teinte plus ou moins bleuâtre; et celle dont la couleur bleue est un peu nourrie, est décorée du nom de calcédoine saphirine : elle est fort rare et très- estimée.

Le nom de calcédoine est celui d'une ville de Bithynie dans l'Asie mineure , de l'autre côlé du Bosphore , vis-à-vis de Constanliiiople ; et comme cette pierre se trouvoit dans son voisinage, les anciens la nommèrent lapis cidcedonius, pierre de Calcédoine.

Le gîte ordinaire de cette pierre est dans les anciennes laves.dont elle remplit les soufflures, de même que les agates, les cornalines, les sardoines , etc. , qui ne sont que des variétés de la m«;me substance, et qui se trouvent quelquefois réunies dans la même colline ( Voyez ce que nous avons dit au sujet du gisement des agates, tom. i , pag. 199.) (luc.)

Les contréos de l'Europe les plus riches en calcédoine, sont l'Islande et les îles de Féroë. C'est de qu'on avolt tiré la belle collection que rapporta de Danemarck le prési- dent Ogier,oùron voyoit des boules de la grosseur de la tête, et des stalactites de la plus grande beauté.

Dans l'Asie boréale, les anciennes coulées de laves, qui sont si fréquentes aux environs du fleuve Amour, en contien- nent une grande quantité ; mais elles sont d'un petit volume : elles atteignent rarement la grosseur du poing; il y en a quelques-unes qui sont d'une assez jolie couleur bleue. (]elles- cine se présentent jamais qu'à la superficie du sol, et il paroît certain que cette couleur est due à l'action de l'atmosphère; car j'ai fait fouiller dans beaucoup d'endroits , sans jamais en leDcotttrerune seule qui eût la moindre teinte bleuâtre. Celle?

CAL à

que je trouvois tlétachées, aroient toujours une teinte plus vive dessus que dessous; et celles qui se trouvoient encore enga- gées dans la lave , n'avoient de colorée en bleu que la por- tion qui se montroit au-dehors.

On trouve dans ces collines volcaniques des géodes de r<7//;(?yoiV/e, qui démontrent clairement que la matière pier- reuse qui les contient est bien une lave , et non pas une amyg- daldide ou mandelsiein ^ comme semblent le croire quelques naturalistes; ce sont des géodes à moitié remplies d'une sub- stance cakéâonieuse ^ disposée par coucbes planes, parfaite- ment parallèles les unes aux autres, qui n'ont qu'un quart de ligne d'épaisseur, et qui sont alternativement blancbes et bleues. Celles qui se trouvent encore dans leur gîte sont blanches et grises, et toutes présentent des couches dans une situation horizontale; de sorte qu'il est évident que les ca- vités qu'elles occupent étoient vides, et qu'elles ont été rem- plies postérieurement. Et comme il n'existe, à ce que je crois, aucune espèce de roche qui offre des cavités sphéroïdes, si ce n'est la lave, ce fait, joint aux circonstances locales, ne m'a laissé aucun doute sur l'origine volcanique de la pierre qui contient les calcédoines de la Daourie. J'ai fait figurer une de ces géodes dans mon Hist. liai des miner, y iom. 2 , pag. 162.

Calcédoine avec du bitume. Parmi les collines volca- niques de la Daourie, il y en a une sur la rive droite de la Chilca^ l'une des branches du fleuve Amour, qui est remar- quable par une singularité que présentent ses calcédoines. Elles sont toutes en géodes, et n'ont qu'une coque très-mince , qui est, contre l'ordinaire, adhérente aux parois de la cavité qui la renferme ; mais comme la lave est dans un état de décom- position , du moins dans quelques-unes de ses- parties , on peut les détacher assez aisément.

Elles sont de la grosseur du poing, plus ou moins. Les unes sont entièrement remplies de spath calcaire, confusément cristallisé et parfaitement blanc; d'autres, il reste des cavités, offrent des cristaux de spath calcaire de diverses formes, accompagnés d'un bitume noir, d'une consistance solide, mais qui se coupe facilement; il est à peu près sans odeur, et n'en donne que très-peu en brûlant.

Partout le spath calcaire se trouve avec ce bitume, il en est souillé, même dans l'intérieur des cristaux, qui sont d'une couleur de fumée.

Quand la géode se trouve tapissée de cristaux de quarz, le bitume n'y adhère nullement; et j'en ai des échantillons qui présentent un phénomène assez singulier. Les parois de la géode sont couvertes de petits cristaux de quarz, sur les-

G C A T.

quels sont différens groupes fie spath calcaire en crête de coq. Les cristaux de qucirz sont parfaitement nets, et n'offrent pas un atome de biliune : ceux de spalh calcaire en sont, au contraire, totalement révolus, de sorte qu'en les voyant, il n'est personne qui ne craie, au premier coup d'œil, que c'est le bitume lui-même qui prend cette forme crislalline.

Ce seroit un problème curieux à résoudre, que celui de sa- voir d'où vient ce bitume, et comment il s'est introduit dans ces géodes, qui n'en offrent pas la moindre Irace à Icxtérieur; et la lave elle-même n'en contient pas du tout.

Le savant M. A. Pictet a observe le même phénomène dans des espèces de Indus licbnontu des mines de fer voisines de Carron en Ecosse.

II paroit, au surplus, que la calcédoine a de fréquens rap- ports avec les bitumes; car les tufs basaltiques d'Auvergne offrent aussi ce mélange; et l'on voit se former à leur siir- fiice , par une espère de suintement , des mamelons de calcé- doine entremêlés de mamelons de bitimie.

Ces calcédoines d'Auvergne présentent quelquefois les plus jolis petits accidens : il se forme dans le foyer du suintement des groupes de cristaux, moitié quarzeux , moilié cakédunieux., c'est-à-dire , qui ont la cristallisation ébauchée du quarz et la demi-transparence laiteuse de la caiiédoine. Ils sont dispo- sés en rayons qui partent d'un centre commun en se dik-tant à leur extrémité, et qui forment ainsi des espèces de petits soleils; et ce qui ajoute encore à leur beauté, c'est qu ils sont parfois environnés de mamelons ccilcédunieux ^ aplatis et entassés les uns sur les autres de manière à représenter des nuages.

CALCÉDOI^'E ŒILLÉE. Les calcédoines de la Daourie pré- sentent quelquefois un accident prppre à intéresser ceux qui aiment à suivre la marche de la nature dans ses diverses pro- duclions. On voit sur leur surface des espèces de mamelons Awn pouce plus on r.ioins de diamètre, sur une ligne de relief, mais qui pénètrent de \viv.-. ou trois lignes dans lintérieur. Us iont composés d'un grand nombre de calottes emboîtées les unes dans les autres , et dont les bords présentent une teinte et une structure différentes les unes des autres. Et j'observe qu'il faut écarter ici toute idée de decoinposilion : il n'y en a pas le moindre vestige. Mais ce qu'il y a de plus remar- quable , c'est qu'on voit sur la même pierre plusieurs de ces mamelons qui sont parfaitement égaux entre eux pour la gran- deur, le nombre et la structure des couches qui les composent, r.pl. B. 5. Je possède en ce genre un échantillon bien intéres- sant. C'estune calcédoineh\t\xSi\re.^ demi-transparente etparfai- ) ornent saine, de la grosseur d'un œuf, qui esten partie couverte

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par quatre de ces mamelons, de dix lignes de diamètre. Ils sont composés chacun de six assemblages de couches très-dis- tincts les uns des autres, et qui sont si parfaitement semblables dans les quatre mamelons, par leur structure et par la ma- nière dont ils se succèdent, quUl n'est aucun naturaliste qui ne les prenne, au premier coup dœil, pour des vestiges de corps organisés.

Parmi ces échantillons, on en voit la partie centrale de tous les veux offre une prunelle d'environ deux ou trois lignes de diamètre , qui fait plus de saillie que le reste , et l'on remarque une multitude de rayons qui partent exactement du centre et qui vont aboutir à la circonférence ; et tout cela d'une manière si juste, que Torganisation proprement dite ne pourroit pas faire mieux. Et ce qu'il y a encvore de re- marquable, c'est que ces espèces de prunelles se détachent et laissent une place, parfaitement nette, et semblable à la cupule d'un gland; ces globules, qui se séparent ainsi de leur mère, ont cinq à six lignes de diamètre, et ils sont aussi par- faitement sains et tout aussi translucides que la calcédoine d'où ils sortent.

J'avoue que je regarde ces faits , ainsi que plusieurs autres, tels que la forme végétale Anjlosferri, etc., etc., comme des transitions qui lient .ensemble le règne minéral avec les rè- gnes organisés.

Cachalom ou Gacholong. Nous avons adopté ce nom, que les Tarlares de la Daourie donnent à la ca/téduine blanche opaque , qu'on rencontre quelquefois sur les collines volca- niques de cette contrée. Plusieurs naturalistes ont regardé cette substance comme une calcédoine décomposée ; mais cette opinion paroît tout-à-fait dénuée de fondement, car j'ai un grand nombre d'échantillons Ton volt des couches de calcédoine bleue, qui alternent d'une maràère très-régulière avec des couches de cachalon, et dont la division est parfai- tement nette : ces deux variétés ne diffèrent absolument que par la couleur , et sont parfaitement saines l'une et l'autre.

Le cachalon , quand il est sans mélange , est toujours dis— posé par couches planes , et jamais en boules ; je ne l'ai pas du moins observé sous celte forme , dans les collections faites à Nertchinsk, quoiqu'elles fussent composées de nom- breux échantillons.

On ne le rencontre point en morceaux volumineux ; le plus grand que j'aie vu, avoil la forme d'une brique de six à sept pouces de long sur un pouce d'épaisseur; mais les échan- tillons d'un pareil volume sont infiniment rares.

Je n'ai pas connoissance qu'on ait trouvé le cachalon im- médiatement dans sou gîte natal , mais toujours parmi de»

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débris , à la surface du sol; et comme il présente ordinaire- iTieiil quelques couches d'une teinte un peu différente, et qui sont constamment planes et parallèles à sa surface , je pense qu'il a fr.it partie d'un assemblage de couches horizontales qui se rencontrent quelquefois dans la partie inférieure de certaines géodes , "semblables à celle que j'ai fait figurer et dont j ai parle plus haut.

Le cuchalon présente quelquefois des indices évidens de cristallisation , de même que la calcédoine. J'en possède dt s ech.intillons dont la surface est couverte de portions de rhomboïdes en relief, dont les faces sont très-bien pronon- cées et ont un poli parfait : on ne peut pas soupçonner que ce soient des impressions, puisqu on voit dans la tranche de la pierre une contexture particulière vers la base des cristaux; et ceux-ci sont d'une pâte plus blanche et plus fine que celle de leur matrice.

Il me semble, dailleurs, qu'en général c'est un peu légère- ment qu'on suppose ces prétendues impressions; car elles en- traînent des conditions qui semblent bien difficiles à réunir. 11 faut, par exemple, supposer: i.° qu'il a d'abord existé une matière quelconque cristallisée (un spath calcaire si l'on veut), qui a servi de type aux cristaux actuels; 2.° que ce spath calcaire a été revêtu d'une chemise très-solide ; 3.° que ce spath calcaire a disparu très-complètement, on ne sait par quel moyen ; 4-° qu'il soit venu une matière calcédonieuse remplir ce vide ; 5.° que le moule lui-même ait disparu pour laisser à découvert les cristaux moulés, etc., etc. Toutes ces suppositions , je l'avoue , m'étonneni , et je ne puis que dif- ficilement m'accoulumer à penser que la nature prenne tant de détours pour arriver à son but.

Cornaline. On donne le nom de comuline à une calcédoine. de couleur rouge plus ou moins foncée ; on en trouve d'un beau rouge de sang : ce sont les plus estimées. Il y en a de toutes les nuances, depuis le jaune de miel et l'orangé, jus- qu'au brun rougeâtre.

La cornaline a les mêmes gîtes que la calcédoine blanche ou bleuâtre, et j'ai vu des échantillons de lave qui contenoient les unes et les autres. *

Les plus belles cornalines viennent d'Arabie et d'autres contrées de l'Asie méridionale : il est rare que celles d'Eu- rope aient une pâte aussi fine et des couleurs aussi vives.

On trouve, dans l^s collines calcaires des environs du Havre, ài^?, silex d'une pâte assez belle pour être mis au rang des calcédoines, et j'en ai rapporté des échantillons du poids de dix à douze livres , qui présentent des couches alterna- tives de comuline et de calcédoine couleur d'eau : ces couches

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sont ondulées , irès-nombreuses , et n'ont pas une ligne d'é- paisseur. Quand je reçus ces morceaux en 1788, la cornaline étoit d'une belle couleur rouge : elle a , depuis ce temps-là , pris une teinte un peu jaunâtre.

Sardoine. 11 seroit difficile de tracer une ligne de démar- cation entre la ro7-H«//H^ et Iol sardoine^ puisqu'on passe de l'une à l'autre par des nuances insensibles; elle prend le nom de sardoine quand elle est d'une belle couleur brune dorée. J'ai rapporté de Daourle un échantillon de cette variété, qui est de la plus belle pâte possible , et qui est d'un volume rare -, il pèse cinq à six livres.

On donne le nom de sardonix aux cornalines et aux sordoines qui forment des couches accolées à des couches de caclialon , de manière à pouvoir en faire des camées, c'est-à-dire, des gravures en relief, les figures soient d'une couleur et le fond d une autre. V. Agate, (pat.)

L'une des plus belles sardonix connues est celle qui re- présente l'apothéose d'Auguste, et qui est déposée à la Bi- bliothèque du Roi.

Nous reviendrons sur toutes les substances connues sous les noms agate ^ de calcédoine, de cornaline, de sardoine ^ de (hiysoprase^ de silex y etc. , à l'article du Quarz-agathe , nous ferons voir la relation qu'elles ont entre elles par leur composition et leurs caractères. V. Quarz-agathe. (luc.)

CALCEOLAIRE, Calceolana. Genre de plantes de la diandrie monogynie , et de la famille des rhinantoïdes, dont les caractères sont d'avoir: un calice monophylle, persistant et partagé en quatre découpures inégales ; une corolle mo- nopélale , irrégulière , labiée , ayant la lèvre supérieure pe- tite , globuleuse , resserrée et bifide , et l'inférieure foi't grande , enflée et ouverte par le haut; deux étamines insé- rées dans la lèvre supérieure ; un ovaire supérieur, arrondi , surmonté d'un style très-court, dont le stigmate est obtus ; une capsule arrondie, à deux loges, s'ouvrant en quatre valves, et contenant beaucoup de semences.

Ce genre est composé de plus de cent espèces, toutes de la partie australe de l'Amérique méridionale , annuelles ou bisannuelles, à feuilles presque toujours opposées, à pé- doncules axillaires, multiflores, ou à corymbes lenninaux.

Une seule de ces espèces est cultivée dans les jardins de l>otanic|ue : c'est la Calcéolaire pinnée , c'est-à-dire, dont les feuilles sont pinnées. C'est une plante assez jo- lie , qui croit naturellement au Pért)u dans les lieux liu-r mides. Elle est diurétique ; sa tige est velue , fragile comme celle de la plupart de ses congénères. Une autre , la CalcÉO- laire TRiriDE , passe pour fébrifuge et antiseptique.

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On a fait , de la première , nn genre sous le nom de FuGÉLlE ; mais il n'a pas clé adopté. {B.)

CALCÉOLE, Calr.cola. Coquille bivalve, régulière, à valves inégales, la plus grande en forme de demi-sandale ; la plus petite aplatie, demi-orbiculaire , en forme d'opercule : la charnière ayant une ou trois petites dents. Cette coquille , qu'on a trouvée fossile en Allemagne , et qui semble faire un passage entre les coquilles bivalves et les univalves ., pai- la forme et la situation de sa petite valve , qui est semblable à la porte d'un four, est solide, épaisse, de la grosseur du pouce ; son dos est aplati ; son intérieur longitudinal, et son opercule concentriquement strie. Elle forme un genre. Voyez. pi. B. i5 , elle est figurée, (b.)

CALCEOLE , Cakeolus. Tournefort nommoil ainsi le genre que Linnseus a appelé ensuite CypiipediiiTn. V. Sabot.

(m.) CALCEOLUS. Petiver (^Gazophyllacium') a figuré sous ce nom , planche i le Galanga. (ln.)

CALCHILE. V. CoLcoTAR fossile, (pat.) CALCHIS. Nom d'un oiseau dont parlent les anciens, et que Belon croit être I'Oiseau Saint-Martin, (v.)

CALCIFRAGE, Qddfraga. On trouve la bacille ( Cr/VA- miim maiiiimum^ L. ) , avec ce nom , dans Lobel et d'aulre.s botanistes de ce temps, (ln.)

CALCINELLE. C'est la venus dealhata. V. au mot VÉ- NUS, (b.)

CALCINELLE , CaldneUa. Adanson donne ce nom à la maclra piperata^ Poiret, Voyage en Barbarie , t, 2, p. i5. Voyez Mactre. (ln.)

CALCITRAPA. C'est la chausse - trape dans les anciens ouvrages de botanique, et une espèce de centaurée de Linna'us. II a nommé calcitrapdîâes ^ d'autres centaurées qui avoient de la ressemblance avec la chausse - trape. Jussieu, d'après Levaillant et Adanson , a donné à toute une section des centaurées de Linnœus , qui ont les écailles calicinales gar- nies , ou se terminant en épine rameuse , le nom de Ca/ri- trupa. Adanson et Scopoli prennent le caractère de ce genre dans les graines couronnées ue longues écailles, (ln.)

CALCOCRI de Dioscoride. Selon Adanson , il faut regarder cette plante comme une fuineierre, voisine de Vof~ ficitiale. (ln.)

CALCUL , Cakulus , c'est-à-dire , petife pierre. Ce mot vient de calx^ chaux. Comme les anciens se servoient de pe- tits cailloux pour compter, on en a tiré le mot calcul; mais il est spécialement employé ici pour désigner les concrétions plcneuses qui se foroieot dans la vessie, les reins, la vési-

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cuîe Ju fiel, les bronches , les inteslins, la glande pindal:', lesarllculalions, et une foule d'autres lieux, soit dans l honinie, soit dans les animaux. On les confond quelquefois aussi avec les Bézoards. ( V. ce mot. ) Nous ne parlons Ici ni des yeux d'écrcvisses, ni des perles, ni des autres concrétions trou- vées dans plusieurs animaux invertébrés , à un seul systèine nerveux. Les^ principaux calculs sont la pierre de la vessie et la gravelle.

La gravelle des reins est îm assemblage de petites pierres lisses, arrondies, d'un roiige de brique, et ass»iz dures. C'est une matière acide , concrète , peu dissoluble , qui se dépose dans le parenchyme des reins, et s écoule par les uretères dans la vessie , elle devient fréquemment ie royau d'une pierre plus grosse. Ces corps rougeâtres sont composés d'«- cide uriquc ou acide lithique assez pur ou mêlé avec une ma- tière gélatineuse animale , analogue à celle qu'on a trouvée dans l'urine, et qu'on a nommée urée. V. Fourcroy, SysL. conn. chim. t. lo , sect. 8 , ord. 3. ^

Les calculs de la vessie sont communément formés par cou- ches successives ; ils ont quelquefois pour noyau des corps particuliers qui peuvent avoir été introduits dans la vessie , comme des épingles, des bouts de sonde, des fétus de bois, etc. Jamais les calculs n'ont la densité des véritables pierres, puis- que les plus lourds sont à l'eau : : 1976 : 1000. Lorsque leur surface est mamelonnée comme celle d'une mûre , on les nomme calculs imUaux; ils acquièrent souvent la dureté du marbre , et l'on rencontre même, dans quelques-uns, de la si- lice ou de la matière du cristal de roche et du caillou.

Les chimistes modernes, et surtout Fourcroy et Vauquc- lin , ont trouvé , dans les différcns calculs de la vessie , six substances différentes , outre l'urée ou la matière animale qui se rencontre presque dans tous : i." l'acide urique ; 2." l'u- rate d'ammoniaque; 3." l'oxalale calcaire, ou la combinaison de 1 acide oxalique et de la chaux ; 4..° le phosphate de chaux ou la terre des os ; 5." le phosphate d'ammoniaque et de ma- gnésie , ou la matière perlée At Kerkingrius ; 6.° enfin la silice. Ces matières sont raremeïit isolées , et on les trouve pr'-sque toujours mélangées dans les différens calculs dont le chimiste Fourcroy établit douze sortes que voici : i." Ceux roraposés d acide urique ; 2." ceux d'acide urique combiné à l'ammoniaque ; ceux de l'acide de l'oseille ou acide oxa- lique et de chaux ; 4-° ceux d'acide urique de phosphates calcaire et aînmonlaco-magnésien en couches réparées ; T)." idem mêlés intimement sans couches distinctes ; 6." urate d ammoniaque et les phosphates terreux prccédens , en cou- ches distinctes; 7.° idem mélangés inlimemenl ; 8.° les phos-

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phates terreux en couches minces , ou mêlés ensemble ; 9." oxalarc (le chaux et acide urique en couches distinctes ; 19." des couches séparées des phosphates calcaire et ammo- niaco-magnésicn , avec Toxalate calcaire; 11." Turate d am- moniaque ou l'acide urique avec l'oxalate de chaux et les précédens phosphates ; enfin, 12.° Tacidc urique , l'urate ammoniaque , la .-ilice et les phosphates terreux.

Les calculs composés d'acide oxalique combiné à la chaux , forment les concrétions nommées pierres murales ; car ils sont communément Irès-anguleux et raboteux à leur surface , qui est couverte d'aspériles, de mamelons et de proéminen- ces; leur couleur brune approche de celle de la suie; ils sont fort durs, se décomposent difficilement et contiennent beau- coup de matière muqu(;use animale qui retient leurs molé- cules, La présence de la silice dans les calculs est fort rare. Ceux formés d/e phosphate calcaire et de phosphate ammo- niaco-magnésien sd%t très-légers, poreux, friables, d un blanc opaque et crayeu^.

Toutes les urines d'hommes sains contiennent des acides urique-rosacique, et des phosphates terreux: mais ces corps ne se déposent pas toujours dans la vessie ou les reins; il paroil qu il faut la présence d'une matière animale gélatineuse qui soit le lien de ces molécules pierreuses. Les dissolutions alcalines , les lithontriptiques savonneux proposés contre les inaladies calculeuses , ne peuvent dissoudre que les calculs formés d'acide urique et d'urate ammoniacal , mais sont in- suffisans dans les autres cas.

11 y a des maladies calculeuses héréditaires , comme des maladies arthritiques. On trouve même beaucoup d'analo- gie entre ces deux genres d'affection; les concrétions gout- teuses sont composées d'urate de soude avec une matière animale gélatineuse. D'ailleurs , les attaques de goutte sont souvent suivies de la gravcllc et de la pierre , et réciproque- ment.

Les calculs biliaires du bœuf sont composés de carbonate de chaux et d'une matière gélatineuse animale. Les bézoards de chèvres, de chevaux , de moutons, appelés bézoards occiden- taux , sont un phosphate de chaux ou de magnésie et d'am- moniaque. Les calculs des poumons et des bronches , dans l'homme, sont formés de phosphate calcaire.

Pendant les accès de goutte , l'urine des personnes arthri- tiques ne contient pas d'acide phosphorique , suivant Ber- Iholet.

On observe une grande ressemblance entre la matière composante des calculs biliaires et le blanc de baleine; excepté que les premiers sont colorés en verdâtre par 1 humeur bi-

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lieuse. Il paroît que les calculs ou le gravier qui se trouve tou- jours dans la glande pincale des hommes adultes , suivant Saemmering, est composé de phosphate calcaire. Je ne pense

f>as qu'on veuille encore admettre aujourd'hui le siège de 'âme entre ces petites pierres du cerveau ; il me paroit , d'aillfurs, ridicule de donner une place déterminée à Tame , qui n est point une substance corporelle ou matérielle. Voyez Ame des bêtes.

Les concrétions calculeuses des animaux à un seul système nerveux, ou invertébrés, sont communément composées de Craie, ou de Carbonate de'cuaux, comme les yeux dé- crivisses et les perles. V. ces articles. Consultez aussi le mot

BÉZOARD. (VIREY.)

CALCULS DE TIVOLI et DRAGÉES DE TIYOLL

Concrétions calcaires de la grosseur d'un pois ou d'une amande, qui se forment par dépôts dans les eaux des bains de Tivoli. V. Chaux carbonâtée. (lm.)

CALDASIE , Caldusia. Nom donné , par Willdenow , au genre Bonplatsdie de Cavanilles. (b.)

Cx\LDERA. Nom d'un Baqlois, avec lequel on fait des haies dans l'ile de Sumatra, (b.)

C ALDERON. C'est un Cétacé mentionné par quelques auteurs , et qu'on ne sauroit rapporter avec précision à au- cune espèce connue, (desm.)

CALDERUGIO. Nom italien du Chardonneret, (s.)

CALEA, Calea. Genre déplantes de la syngénésie poly- gamie égale, et de la famille des corymbifères, dont les caractères sont : un calice commun , imbriqué d'écaillés un peu lâches , renfermant, sur un réceptacle commun chargé de paillettes, quantité de fleurons , tous hermaphrodites, in- fundibuliformes , réguliers, à limbe quinquéfide; plusieurs semences oblongues, nues ou chargées d'une aigrette velue.

Ce genre est composé d'une douzaine d'espèces , toutes de l'Amérique, et dont une seule est cultivée dans les jardins de botanique ; c'est la Caléa de la Caroline, dont les fleurs sont paniculées, les feuilles alternes, lancéolées, dentelées, sessiles. Elle croît sur le bord des bois humides, mais non marécageux, je l'ai fréquemment observée. Elle s'élève de trois ou quatre pieds.

Le Caléa a balai , a servi pour établir le genre Sergille.

(n.)

CALEANE, Calenna. Genre de plantes de la gvnandrie diandrie et de la famille des orchidées, qui comprend deux plantes herbacées de la Nouvelle -Hollande ; ni l'une ni l'autre n'est cultivée dans nos jardins.

Ce genre établi, parR. Rrovvn, offre pour caractères : une

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coroilc de six pétales, dont cinq presque égaux; l'inférieur onguiculé, creux, pelle et perforé, (b.)

CALEBASSE D'HERliE. Nom commun d'une espèce de Courge, Cucurbita lugenana , Lain., dont les INègres, en Afrique et en Amérique, font des meubles de ménage, surlout des vases propres à conserver les liquides. Il suffil pour tr;<ns- formerune de ces courges, dont Técorce est unie et solide, en bouteille , en sceau ou en assiette , de la vider de sa pulpe et de la couper plus ou moins à son sommet. Ces vases se conservent souvent long-temps, quolqu'employés journelle- menl. (b.)

CALEBASSE DU SÉNÉGAL. Fruit du Baobab. F. Bela-schora. (li.)

CALEBASSIEPi, Couis. Arbre à calebasses. Crescentia ^ Llnn. (didynamie angiospermie). Genre de plantes de la famille des solanées, et qui comprend des arbres de l'Amérique^ dont les fruits charnus sont , par leur forme et leur grosseur, assez semblables à nos courges ou calebasses. Ses caractères sont d'avoir: un calice caduc , à deux divisions égales ; une co- rolle monnpétale. Irrégulière, dont le tube est ventru, et le limbe découpé en six parties Inégales, dentées et sinuées; une baie solide à une loge renfermant plusieurs semences.

On connoît quatre espèces de ce genre : Le Calebassier A FEUILLES LO^GUES , Crescentia c.ujete , Llnn. ; ( Voyez sa ligure , pi. 2). Le CalebasSIER a feuilles larges , Crescentia cucurbitina , Llnn., et le Calebassier A fruit dur, Cujeie minima ., fruclu duro., Plum. Le premier est un petit arbre , dont le tronc tortueux et épais se divise en plusieurs branches, qui s'étendent hori/.ontalemenl de tous côtés; (-lies sont garnies , à chaque nœud, de feuilles entières, oblongues et rassemblées en faisceaux. Les fleurs naissent sur les parties latérales de ces branches, et quelquefois sur le tronc même ; un pédoncule épais les soutient ; elles sont solitaires, d'un blanc sale et d'une odeur désagréable. Les fruits varient de forme et de grosseur selon les individus: tantôt ovoïdes, tan- tôt presque ronds , ils ont depuis deux pouces jusqu à un pied de diamètre; ils sont recouverts d'une peau lisse et mince, d'un jaune verdâtre, et sous cette peau est une coque dure et ligneuse , qui renferme une chair molle , jaunâtre , d'un goût piquant et désagréable.

On tire un grand parti des fruits de cet arbre, aux Antilles, à la Nouvelle - Espagne , à la Guyane et dans tous ies lieux il croît. Ils sont vidés et creusés par les naturels du pays, qui en forment des hochets, des Instrumens et plusieurs ustensiles de mén:;ge , tels qne des seaux , des bouteilles, des

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assiettes, des gobelets, etc. Leur surface extérieure est polie et peinte en comparllmens de diverses couleurs, que ces hommes apprêtent avec lerocou^ ï indigo et la gomme d'acajou. Dans nos colonies on prépare , avec la pulpe de ce fruit , un sirop renommé surtout pour son efficacité dans les maux de poi- trine : on en fait aussi usage avec succès dans les fortes con- tusions et après les chutes.

Le bois de ce calchassier est blanc, assez dur et susceptible de poli ; on en fait communément des selles, des tabourets , des siéc;es et d'autres meubles de cette espèce.

Le Calebassier a feuilles larges s'élève moins haut que le précédent; il en diffère par la forme et la disposition de ses feuilles, qui ne sont point réunies en paquets , et par ses fruits moins gros. Il croît à Saint-Domingue et dans la terre-ferme de l'Amérique, aux environs de Campéche.

Le Calebassier a fruit dur , mis par quelques auteurs au nombre des variétés 4u premier , doit être regardé comme nne véritable espèce, non-seulement parce que c'est un ar- brisseau très-bas, mais à raison aussi de la petitesse relative de ses feuilles et surtout de son fruit, qui est à peine gros comme un œuf; d'ailleurs ses feuilles , quoique venant en paquets, sont constamment inégales entre elles. Il croît aussi à Saint- Domingue.

Le Calebassier comestible, Crcscenha edulis, Dcsv. , qui croit au Mexique , l'on mange ses fruits en potage ou en ragoût. Il est beaucoup plus petit que les autres.

Ces arbres ne peuvent supporter l'air libre en Europe ; ils doivent être toujours tenus en serre. On les multiplie de re- jetons ou de graines fraîches; ils demandent une bonne terre et de fréquens arrosemens.

Le Calebassier a fleurs de jasmin, qu'on trouve dans les îles de Bahama, paroît appartenir à un autre genre de plantes, (d.)

Calebassier rampant. On donne ce nom à la Courge

CALEBASSE. (B.)

Calebassier du Sénégal. C'est le Baobab, (b.)

CALEEKEE. Nom du Papayer , dans les îles de la Soiîde. (B.)

CALEÇON ROUGE. Nom que l'on donne , à Saint- Do niingue, au CORROUCOU A VENTRE ROUGE. V. ce mot. (v.)

CALECTASIE, Caleclasia. Plante de la Nouvelle-Hol- lande, qui a servi à R. Rrown pour établir un genre dans l hexandrie monogynie et dans la famille des joncs. Les caractères de ce genre sont : une corolle tubulée , hypocra- lériforme, à six divisions; six étamines insérées à rorificc de la corolle, et à anthères conniveutes; un ovaire inférieur sur-

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monté (Vun stigmate simple; mie capsule moiiosperme ne s'ouvrant point.

Cette plante est figurée pi. 9 des Remarques sur les plantes des terres australes par R. Brown. (b.)

CALEGNEIRIS. Les pêcheurs des côteS de Nice ap- pellent ainsi la Cépole serpentiforme. (desm.) CALEMBEBA. V. Cœur de Saiîvt-Thoma.s. (b.) CALENDRELLE. Nom imposé par M. Bonelli à une espèce d Alouette. V. ce mot.

J'ai reçu, depuis l'impression de l'article alouette^ de nou- veaux tlelails sur le genre de vie de la. rulendre/le ^ et je les dois encore à M le comte de Riocourt. Cet oiseau fait son nid non-seulement dans les endroils que j'ai indiqués , mais encore dans une touffe dherbes , sous un chardon, ou dans lest-aclnes de plantes arrachées par la herse. Son vol, lorsqu'on le fait lever, est bas et par bonds, comme ce- lui de la bergeronnette^ et il fait alors entendre un cri de rappel ; il est peu sauvage et se laisse approcher facilement. Quand il fuit, c'est souvent à pied, et il s'éloigne avec la plus grande vitesse. Lorsque le mâle chante en l'air, et souvent à une hauteur considérable , il vole en tournant et en sautillant à peu près à la même place , et s'élance en fermant les ailes. Son chant, quoiqu'un peu monotone, et qui plait par sa vivacité, n'est composé que d'une seiile phrase qu'il répèle sans cesse , et qui semble exprimer tsi. tsi tsî hiii jni'ni ai. 11 le fait entendre pendant son séjour en Champagne. Lors- qu'une de ces alouettes connnence à ramager , tous les mâles sélèvent de tous côtés , et chantent à lenvi les uns des au- tres, se taisent au même moment , et gardent le silence pen- dant sept à huit minutes , quelquefois plus long-temps , et après cette pause tous recommencent à chanter en même temps. (viEiLL.)

CALENDROTE. Nom du Mauyis en Bourgogne-; il se trouve mal à propos appliqué à la Ulorne , dans les planches enluminées de Buffon, n." l^.<^o. V. M au vis. (s)

CALENDULA, C'est un des noms du Roitelet, (desm.) CALENDULA. Nom latin du souci des jardins. Ce nom lui vient de la facilité avec laquelle il lleurlt, depuis le premier printemps, jusqu aux gelées de riiiver; tous les nmis, on kulendes ^ il se couvre de fleurs. C'est encore le nom qu'on lui donne en Italie, ainsi que ceux de FlORAlsr.iO (^ fleur orange)^ et de Caltha. Linna»ns, en l'adoptant pour nom générique des Soucis, n'a fait que suivre Césalpin, Ray, Her- raann, Brunsfelslus , Rivin, Ruppius, Magnol. Cependani beaucoup de botanistes ont crureconnoilre le souci dans le caltha de Pline , et n'ont pas fait de difficulté de lui appliquer

CAL ,^

ce nom : tels sont Boerhaave, Ludwîgius, Knaut, Tournefori, Adanson , Scopoli. Linnœus a conservé ce nom de caltha , seulement au souci des marais ou populage, comme l'avoient fait Ray, Rivin, Ruppius, etc. F. Caltha. (ln.)

CALENTURAS. Bois très-amer, qui vient des Philip- pines, et qui est employé contre les fièvres. On ignore à quel genre il appartient, (b.)

C ALEPI>' Vl.Ca/rpina. Genre d'Adanson, établi aux dépens de celui des Myagres. Il se rapproche infiniment des Ra- PISTRES de Tournefort. Les botanistes ne 1 ont pas adopté.

CALERIA. Genre établi par Adanson, qui répond au viscago de Dillenius, et au silène de Linnseus, genre de la fa- mille des caryophyllées. (l^.)

CALESAN, Cahsjum. C'est un arbre du Malabar, dont les feuilles sont ailées et les folioles ovales, entières et glabres; les fleurs en grappes terminales , composées d'un calice à quatre divisions; de quatre pétales ovales, pointus; de huit étamines; d un ovaire supérieur chargé d'un style simple. Les fruits sont des baies ovales-oblongues, un peu compri- mées , monospermes et vertes.

La poudre de Técoroe